mercredi 2 mars 2016

Dimanche 8 novembre 1987 : Turckheim - ruines du Schrankenfels.

Le matin, auto-stop de Soultzbach-les-Bains à Turckheim.

Le GR 532 quitte Turckheim à travers les vignes, traverse latéralement la vallée de la Fecht et atteint le restaurant St Gilles.
A partir de 10h30, je commence à monter de l'autre côté de la vallée de Munster sur les hauteurs dominant la plaine d'Alsace. Le sentier grimpe rudement dans une forêt d'automne embrumée, sous des châtaigniers. Je passe au sommet de l'Ehrberg puis continue de grimper. En cours de montée, le soleil perce la brume, illumine la forêt d'une lueur pâle.


Encore une grimpette en lacets. J'en profite pour ramasser au passage des châtaignes qui jonchent le sol.
J'atteins les ruines du château du Hohlandsbourg, à 644 m d'altitude. Je me promène dans les ruines. En contrebas, la plaine d'Alsace est noyée dans la brume. La ruine du Hagueneck émerge seule d'une mer de nuages.



Le Hagueneck, vu du Hohlandsbourg

Je mange dans l'enceinte du château.
Le GR continue ensuite vers le rocher Turenne. Il se poursuit sur une petite route et atteint un refuge situé au pied du Staufen. Il grimpe alors jusqu'au sommet (899 m) où se trouve une tour en ruine. Par une descente très rude en lacets je gagne le col Haut de Marbach. Le sentier suit alors approximativement une ligne de crête boisée qui me mène pour 17h jusqu'aux ruines d'un ancien château, le Schrankenfels

De là, je descends par un autre chemin jusqu'à Soultzbach-les-Bains.

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Samedi 26 décembre 1987 : Ruines du Schrankenfels - col de Boënlesgrab.

Jour férié  en Alsace : lendemain de Noël.
Dans la matinée, auto-stop de Wasserbourg à Soultzbach-les-Bains.
A partir de 11h, je marche au départ de Soultzbach et remonte par le sentier jusqu'au GR 532, que je rejoins aux ruines du Schrankenfels.

Journée grise. Ciel plombé.
Aujourd'hui, le GR va se poursuivre sur la ligne de crête qui mène au Petit Ballon.
Depuis les ruines, je marche jusqu'au col Wolfsgrube, carrefour de routes et chemins forestiers. Je contourne un sommet jusqu'à un autre col, la Borne Jaune. Je passe au col de Firstplan puis emprunte une petite route qui mène au lieu-dit Hirtzenstein. Sans dénivellation notable, le chemin passe au-dessus du petit rocher du Hirtzenstein aperçu en contrebas. Il contourne le Rundkopf et parvient à la Plaine de Rouffach, triangle de chemins de forêt.
Par la route forestière, le GR mène au col de Boënlesgrab (865 m), sur le flanc est du Petit Ballon. La neige commence à tomber lorsque j'arrive au col. Je vais boire un pot à l'auberge-restaurant.

Puis il me reste à descendre encore à pied à Wasserbourg où j'arrive à 15h30.

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Dimanche 7 février 1988 : Col de Boënlesgrab - col du Hilsenfirst.

Viviane m’a déposé en voiture au col de Boënlesgrab. De là je pars seul pour une marche en montagne.
Le col est enneigé. A hauteur de l'auberge, j'emprunte un sentier qui monte, à travers une forêt de sapins pectinés mélangée de hêtres, au chalet de la Schellimatt niché dans une clairière. Le sentier remonte à la lisière de la forêt.
Traversée d'une belle forêt d'épicéas. Débouché à 1250 m sur les prairies du Petit Ballon.
Je m'arrête sous le couvert des arbres pour boire un peu d'eau et contempler le paysage. Des familles skient sur la prairie, des enfants jouent dans la neige.
Je traverse les vastes espaces découverts et de plus en plus enneigés. Changeant de versant, j'arrive près du refuge des Amis de la nature puis je me dirige direction sud-ouest, contournant la crête. Les arbres croulent sous la neige. J'atteins bientôt les murailles d'un chalet, au Bockwasen (1200 m). C'est là que je m'arrête, au pied d'un mur, essayant de me protéger du froid, du vent et de la neige qui recommence à tomber. Je mange rapidement.

Quand je me remets en route, la visibilité est nulle. Plus de différence entre ciel et terre. J'avance difficilement dans la neige, car je n'ai pas emporté de raquettes. Au bout d'un moment (peut-être une heure), j'entrevois des murs sombres. Je vais pouvoir me repérer. Bizarre ! J'ai comme une impression de déjà vu. En effet, il s'agit des murs du chalet où j'ai mangé tout à l'heure. J'ai tout simplement tourné en rond sans m'en rendre compte !
Je m'oriente alors à la boussole et reprends la direction de la crête. Je contourne la Steinmauer, sommet rocailleux, par son versant nord. Je rejoins un muret qui suivra la crête jusqu'au col du Hilsenfirst.
Inutile de m'acharner, je risque de me perdre. Lorsque je parviens sur la crête, la brume se lève un bref instant sur l'autre versant et me laisse entrevoir dans la vallée les toits du hameau de Hilsen. J'abandonne alors le GR.

Je quitte le sommet et dévale tout droit dans la neige jusqu'à Hilsen. Je me réfugie dans une auberge où je mange un munster frais au kirsch.
Viviane et nos amis Jean et Lydie, à qui j'ai téléphoné de l'auberge, viennent m'y retrouver.

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Dimanche 5 juin 1988 : Col du Hilsenfirst - lac de la Lauch.

L'après-midi, je me rends en voiture au lac de la Lauch. Puis je rejoins en vélo, par routes et chemins sur le flanc de la montagne, l'auberge de Hilsen.
A 15h30, je commence à marcher et emprunte une piste très raide qui monte au col du Hilsenfirst.

Je retrouve le GR 532 au col du Hilsenfirst (1121 m), sur la crête entre la vallée de Munster et la vallée de Guebwiller. Belle vue sur la vallée de Guebwiller.
Je ne reconnais plus le paysage : de grandes colonies de genévriers et des pins torturés.



Par un sentier pittoresque entre pins et prairies, le GR se poursuit sur la crête, monte vers le Hilsenfirst (1270 m) qu'il contourne légèrement. Je parviens alors sur les chaumes dénudées du Langenfeldkopf (1289 m) : quelques pins et genévriers rabougris  peuplent cette lande sommitale.


Je continue sur le même sentier à cheval entre les deux vallées, en passant par le Spitzkopf (1279 m) ; puis, après le col de Lauchen, je grimpe au sommet du Klinzkopf.
D'une altitude de 1328 m, c'est le point culminant du GR 532. Avec un sommet en éboulis apprécié des chamois, c'est un joli belvédère en face du Grand Ballon. Ici pousse le lis martagon, plante rare et menacée.

Du sommet, je redescends vers le col d'Oberlauchen (1210 m). Je m'y arrête quelques temps pour observer la flore. 


Le sentier traverse les pâturages, descend en lacets dans une hêtraie-sapinière et débouche en face d'un restaurant, au bord du lac de la Lauch (924 m).
Le lac est formé par les sources de la Lauch. Il est retenu par un barrage artificiel en arc de cercle
Il est 18h30 lorsque je retrouve la voiture.

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Jeudi 14 juillet 1988 : Lac de la Lauch - Saint-Amarin.

Jour férié.
Viviane et moi nous rendons avec Jean et Lydie à Saint-Amarin. Nous y laissons la voiture de Jean et nous rendons tous ensemble au lac de la Lauch avec la nôtre. Viviane rentre ensuite à Walbach en voiture.

Jean, Lydie et moi marchons sur le GR 532 à partir de 11h30. Le ciel est couvert, nous risquons la pluie.
Quittant le lac de la Lauch par l'extrémité sud du barrage, on grimpe de suite en forte pente. On rejoint un chalet au bord d'une route. Empruntant le chemin des Pionniers, nous arrivons sur les pâturages du Hofrieth, à 1155m, où l'ancienne marcairerie est en ruine. Contournant le Marksteinkopf par une jolie forêt de hêtres, nous débouchons sur la grande crête des Vosges, à proximité de la route des Crêtes où nous retrouvons le GR 5 au Hundsrücken (1191 m).
Nous contournons le Hundskopf le long de la route, de concert avec le GR 5. Puis le rectangle jaune suit un moment la route des Crêtes pour descendre vers le refuge du S.C. Riedisheim. Par un sentier ombragé dans une belle forêt de hêtres, nous atteignons la ferme-auberge du Haag, tapie dans un col entre le Storkenkopf et le Grand Ballon.
Nous y faisons une halte pour manger : repas tiré du sac dans la salle pour les randonneurs. Quand nous en sortons, il faut enfiler les capes. La pluie s'est mise à tomber.

Nous entamons la descente vers la vallée de la Thur. Nous croisons un groupe de randonneurs. Jean s'écrie brusquement : « Louis ! » C'est en effet un ancien copain de collège à nous deux, Louis Santin, qui parcourt avec quelques amis le GR 532 dans l'autre sens, pendant une semaine. Surprise, exclamations, poignées de main, etc. Puis chacun continue de son côté.
Le sentier chemine à flanc, atteint un col, passe à proximité du rocher du Bessey puis se poursuit sur une crête entre forêt et pâturages.
Le temps s'est amélioré. Belle vue sur le village de Geishouse en contrebas, avec ses chalets étalés sur deux mamelons. Nous atteignons Geishouse Hoehe, au lieu-dit Les Trois-Maisons. Plus loin, au-dessus d'une vaste clairière, nous arrivons à une petite fontaine dont l'eau claire sourd des prés. Puis c'est la descente en lacets à travers une forêt mixte. On débouche alors au milieu des genêts à balais, puis dans un sentier bordé de noisetiers.
C'est l'arrivée à Saint-Amarin, dans la vallée de la Thur (importante voie de communication vers le col de Bussang). Nous retrouvons la voiture de Jean à 17h30.

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Dimanche 6 novembre 1988 : Saint-Amarin - ferme-auberge Belacker.

Aujourd'hui, c'est avec Joëlle que je marche au départ de Saint-Amarin.
A 10h45, nous quittons la vallée de la Thur pour monter à l'assaut de la dernière barrière importante des Vosges du sud.
Journée ensoleillée, air vif.
Le sentier monte sous forêt et atteint en une heure le col des Dreimarkstein. Passant près d'une ferme, on remarque que l'eau de la fontaine est gelée. Il a dû faire froid cette nuit. Après que nous ayons dépassé les bâtiments, un putois traverse le chemin devant nous en quelques bonds. Brève vision.
Après quoi, nous grimpons vers la crête. On débouche dans des pâturages : vue étendue sur les sommets des alentours, et couleurs d'automne avec un magnifique soleil. En face, la ferme-auberge Belacker, à 980 m d'altitude, sur le GR 5.
Nous nous arrêtons à l'auberge.

Dans l'après-midi, nous retournons à Saint-Amarin par d'autres sentiers, pour 16h30.

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Dimanche 20 novembre 1988 : Ferme-auberge Belacker - Masevaux.


A 11h15, je pars pour une marche en montagne au départ de Masevaux.
Dans la montée, le brouillard tombe, de plus en plus épais. J'arrive au Rossberg où je m'arrête pour manger mes provisions tirées du sac, dans un refuge à 1108 m, sur le GR 5.
Puis, suivant la crête, je rejoins la ferme-auberge.

A la ferme-auberge Belacker, le brouillard, épais jusque là, se lève un peu ; mais le temps reste terne et humide.
Le GR 5 et le GR 532 suivent la crête vers le sud-est. Ils remontent vers les Vogelsteine. Avant d'atteindre ces rochers, le rectangle jaune quitte le GR 5, cette fois définitivement, et descend à la limite des pâturages du versant ouest du Rossberg, jusqu'à la Sattelhütte. Le sentier se poursuit au milieu des hêtres rabougris, longe le Hirtzenstein puis le Falkenstein pour descendre ensuite rapidement en lacets dans un vallon.
Il me reste à suivre le ruisseau du Willerbach pendant deux kilomètres pour déboucher dans la vallée de la Doller, à l'entrée de Masevaux, à 16h45.

C'est ici que se terminait auparavant le sentier au rectangle jaune du Club Vosgien. Il est actuellement en cours de prolongation.

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Lundi 26 décembre 1988 : Masevaux - Ettuefont.

Jour férié : lendemain de Noël.
Le matin, auto-stop d’Ettuefont (Territoire de Belfort) jusqu'à Masevaux.

A 11h30, je quitte Masevaux, de l'autre côté de la vallée de la Doller, par le hameau de Stoecken.
Je retrouve là le GR 531, sentier au rectangle bleu, de passage, et le sentier au rectangle rouge qui se termine ici, en provenance du Ballon d'Alsace d'où il s'est séparé du GR 5.
Le GR 532 remonte le hameau en suivant les balisages rouges et bleus. A l'orée du bois, il oblique à gauche et longe un sanatorium. Aucune marque jaune n'apparaît. Je vais donc suivre le balisage du sentier au rectangle rouge.
Le sentier monte en forêt, rejoint un chemin d'exploitation puis grimpe à flanc jusqu'à la crête du Sudel (915 m), noyé dans la brume. C'est le dernier sommet vosgien, à cheval entre l'Alsace et la Franche-Comté. Franchissant la crête boisée, le GR pénètre dans le Territoire de Belfort et retrouve soudainement son balisage jaune. Les sections locales du Club Vosgien semblent ici plus rapides à réagir !
Descendant l'autre versant, je perds rapidement de l'altitude, passe à côté de la chapelle Sainte-Catherine puis en contrebas des ruines du Vieux Château. Après un replat dominant le village, je poursuis ma descente vers Rougemont-le-Château, situé au pied des Vosges.
Le sentier n’y pénètre pas mais se dirige vers un vallon où il serpente entre des étangs de pêche. Il s'insinue entre deux petits monts, atteint des habitations, redescend auprès d'une chapelle sous forêt. 
Je débouche alors à 15h30 dans le village d'Ettuefont.

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Dimanche 12 février 1989 : Ettuefont - Belfort.

En fin de matinée, auto-stop de Belfort jusqu'à Ettuefont : j'éprouve quelques difficultés pour sortir de Belfort.

Parcours dans la zone sous-vosgienne parsemée d'étangs.
A 13h, je traverse Ettuefont. A la sortie du village, je bifurque vers un petit dénivelé à 527 m, en forêt. Je m'arrête au bord du chemin pour manger sur un tronc d'arbre. Un pâle soleil d'hiver essaie de trouer les nuages.
Après quoi je traverse la forêt vers l'ouest et rejoins le village de Petitmagny. Je n'y pénètre pas. Le sentier se dirige vers une série d'étangs qu'il longe, rejoint par deux fois la D58, s'en détourne vers un autre étang puis enfin traverse la route. Il s'enfonce alors dans le Grand Bois. On entend le cri des foulques macroules sur l'Etang Neuf tout proche.
Le GR gagne plus loin les étangs Guillaume et se dirige vers le village d'Eloie. Après la traversée du village, il longe un moment la petite rivière de la Rosemontoise, se détourne vers un étang puis grimpe sur les flancs de la colline du bois de Valdoie.
Le nord de l'agglomération belfortaine est tout proche en contrebas.
Le GR passe dans des friches de fougères et de genêts, contourne la colline et traverse encore des étangs de pêche. Par un dernier petit dénivelé, il chemine dans la forêt de l'Arsot et débouche le long d'une ligne à haute tension à côté de la cité de l'Arsot, commune d'Offemont. 
Je rejoins la voiture à 16h30, juste à l'entrée de Belfort. C'est ici que s'arrête momentanément le GR 532.



                        Fin de la première époque du GR 532


Samedi 5 mars 1994 : Belfort - Meroux.

Cinq ans plus tard.
A 15h45, je reprends, à l'entrée nord-est de Belfort, le cours du GR 532, prolongé entre-temps.
Traversant quelques pavillons, le GR atteint l'étang des Forges, zone de détente et de promenade péri-urbaine. Il y a foule autour de l'étang, en ce week-end ensoleillé, précurseur du printemps. Je le contourne par l'ouest. Parvenu en face, je grimpe à travers les prés sur la colline de la Miotte. Après un sentier étroit dans la végétation, je débouche sur la première enceinte nord-est de Belfort.
A l'origine petit bourg protégé par son château, la ville a été fortifiée par Vauban au XVIIe siècle, abritée par une enceinte pentagonale. Deux portes monumentales en permettaient l'accès. 
Un passage étroit permet de se glisser sous l'enceinte et pénétrer à l'intérieur. Le sentier progresse sur un talus, franchit la RN83 sur les fortifications nord-est, par la porte du Vallon. De l'autre côté de la route, le GR monte au fort de la Justice, partie intégrante du système de protection de l'ouvrage, en vis-à-vis de l'enceinte de la Miotte. Des jeunes font de la varappe sur les rochers soutenant les murailles. Dans le fort, une large terrasse permet une vision globale. La perspective sur l'ensemble de la citadelle et son front nord-est donne la mesure du verrou militaire réalisé par Vauban.


Le GR progresse ensuite sur des espaces verts surplombant les habitations, descend couper une autre route d'entrée dans la ville pour se diriger ensuite vers la forteresse. Il chemine sous les murailles, passant sous la sculpture du
Lion de Belfort.
Monument de grès rouge des Vosges sculpté par Bartholdi, le lion s'adosse sur 22 mètres au rocher sous la citadelle. Il symbolise le courage des Belfortains qui résistèrent aux armées prussiennes en 1870. Suite à quoi Belfort et son « arrondissement », anciennement partie du Haut-Rhin, restèrent à la France.


Gravissant le chemin de
la Poterne, je pénètre dans le château. De là le rectangle jaune emprunte les fossés, se perd dans les souterrains et galeries. Moi aussi d'ailleurs ! Ne trouvant plus de marques jaunes, je descends au hasard les pentes du château, traverse quelques jardins et friches puis débouche au centre-ville. 

Il me faut alors retrouver le GR en traversant une partie de Belfort. Je le rejoins sous le versant sud du château et quitte la ville en passant sous l'autoroute A36. Grimpant le long de lotissements, j'atteins un petit bois que surplombent deux forts (probablement l'ancienne enceinte extérieure de la ville). Le sentier contourne l'un des forts, longe quelques caravanes de nomades, passe dans les orties et se retrouve dans des champs cultivés à la sortie de l’agglomération. Il longe un moment une voie ferrée puis la franchit pour monter dans le bois de la Brosse.
A l'entrée du bois, un panneau indique qu'il est interdit de se promener le week-end entre septembre et février. Charmant ! Apparemment, les chasseurs ici font la loi. Et les municipalités qui se prêtent à ce diktat ne semblent pas avoir beaucoup de courage !
Je rejoins un parcours sportif que je côtoie un moment. Peu à peu le jour baisse. Quittant la forêt, je traverse encore des prés. J'arrive à la tombée de la nuit (18h45) à Meroux, village de la trouée de Belfort. Viviane m'attend avec notre fourgon Trafic au bord du chemin, à l'entrée du bourg. 

Nous allons alors nous installer non loin de là en forêt. Nous mangeons et dormons dans la camionnette.


Dimanche 6 mars 1994 : Meroux - Magny.

Je me remets en route à 9h45 au départ de Meroux.
Belle luminosité, à travers une légère brume.
Je descends vers le ruisseau de la Praie que je longe à travers champs. Je rejoins des ouvrages de canalisation du ruisseau que j'emprunte sur 500 mètres en passage surélevé. Puis j'entame la traversée du Grand Bois. Je passe à l'endroit où nous avons dormi cette nuit. Le large chemin se transforme en sentier et se perd dans la végétation. Brusquement, plus de balisage. Encore ! Le jalonnement n'a probablement pas été effectué dans cette portion du trajet.
Après avoir tourné en rond, je m'oriente à la boussole vers le sud, dans des prairies marécageuses. Je me retrouve dans une pépinière à la lisière du bois. Un chemin me mène alors sur une route départementale que je vais suivre jusqu'au hameau d'Eschêne. J'emprunte une route avec laquelle je franchis la rivière la Bourbeuse puis le canal du Rhône au Rhin. Je vais suivre ce canal par l'ancien chemin de halage. Parcours un peu monotone. Au bout de quatre kilomètres, je rencontre le sentier européen E5 à hauteur de Montreux-Château. Avec lui je m'engage dans des prés et bosquets. Je franchis bientôt la limite départementale entre le Territoire de Belfort et le Haut-Rhin.
A nouveau en Alsace, je poursuis mon parcours forestier et campagnard dans les paysages vallonnés du Sundgau : petit pays de collines fertiles plissées dans des terrains calcaires et des argiles morainiques transportées là par le Rhin au cours des âges.
A hauteur d'un calvaire, le sentier E5 bifurque vers le sud. Je continue quant à moi tout droit et rejoint Magny. C'est aux premières maisons du village que les marques jaunes réapparaissent. J'y retrouve Viviane à 13h. 

Nous allons manger ensemble dans la nature puis rentrons dans l'après-midi à Schiltigheim.

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Samedi 21 mai 1994 : Magny - Altenach.

C’est le week-end de la Pentecôte.
A 16h30, je quitte Magny et grimpe sur la colline. A hauteur d'un château d'eau, je rejoins une route qui traverse Romagny.
Après ce village, le GR se poursuit dans une forêt humide parsemée de cours d'eau (là où nous reviendrons ce soir), traverse des cultures, rejoint le hameau de St-Léger puis atteint Altenach.
Viviane m'y attend à 18h30. La pluie menace.

Nous allons nous installer en forêt, en bordure du chemin où je suis passé tout à l'heure.
Soirée pluvieuse dans le Trafic.


Dimanche 22 mai 1994 : Altenach - Durlinsdorf.

Je repars d'Altenach à 8h30.
Le GR va longer vers le sud-est la vallée de la Largue, suivant la bordure des collines qui la longent.
Je monte sur une hauteur au-dessus du village puis redescends au bord de la vallée. Je poursuis mon chemin vers Mertzen puis continue à travers les bois, les prés et les champs durant six kilomètres. Ensuite, traversant ruisseaux, pâtures en fleurs et prairies humides, je continue en bordure de vallée pendant encore quatre kilomètres, sous un soleil qui tape de plus en plus fort.
J'arrive à hauteur de Seppois-le-Bas. Je m'y arrête à la terrasse d'un bistro pour écluser quelques bières. Je ne pénètre pas dans le village mais continue le long d'un camping. Quittant alors la vallée de la Largue, je m'engage sur des collines dénudées, longeant quelques étangs. Un chemin de campagne me mène à Bisel où je retrouve Viviane à midi et demi. Nous mangeons ensemble près du Trafic.
Je repars à 14h à travers la campagne, passe devant une chapelle en lisière de bois, atteins le hameau de Niederlag. Je longe le ruisseau du Grumbach, je passe à Mooslargue où se déroule une fête hippique. Je me dirige alors vers Durlinsdorf, village niché au pied du premier pli du Jura alsacien. Je retrouve Viviane à 16h en haut du village près de l'église, relativement épuisé après 30 km de marche. 

Avec le Trafic, nous cherchons un endroit pour passer la soirée et la nuit dans la nature. Nous nous arrêtons au bord d'un chemin forestier pour une agréable soirée printanière.


Lundi 23 mai 1994 : Durlinsdorf - Bouxwiller.

A 10h, je reprends le GR à Durlinsdorf pour une marche dans le Jura alsacien.
A cet endroit, la chaîne du Jura forme une sorte de croissant, muraille couverte de forêts, d'où émergent quatre hauteurs.
Le GR attaque de suite la grimpée en forêt. J'arrive à un croisement de chemins. Je cherche un moment la bonne direction. Une branche du rectangle jaune se dirige plein sud vers Lucelle et la frontière suisse. Quant au GR, mal indiqué et boueux, il se poursuit vers l'est et descend dans un vallon. J'arrive à la Saboterie, bâtiment isolé, où je rencontre des participants à une marche populaire. Je double tout ce monde (pff...quand même !).
Je longe le flanc sud du Kastelberg, ancienne cité fortifiée celte, dont la crête culmine à 649 m.
J'atteins un carrefour forestier, sur le flanc est, constitué de grandes roches. La vue planerait au-dessus de la lointaine vallée de l'Ill si les arbres ne cachaient la beauté du paysage.
Je poursuis alors en direction de l'est, continuant sur le plateau. J'atteins une colonie de vacances surplombant la ville de Ferrette, capitale du Jura alsacien. Par la route, je descends dans la ville médiévale, serrée contre les falaises calcaires rongées et façonnées par l'érosion.
Le château de Ferrette domine les vieilles maisons à colombages. Construit à la fin du XIe siècle, il fut la résidence des comtes de Ferrette.


Depuis le centre de la petite ville, le GR monte au château inférieur (joli coup d’œil sur la ville) puis atteint la plate-forme du château supérieur (
613 m), avec panorama étendu sur les Vosges et le Jura. Il se dirige ensuite vers l'est et mène au fond d'un vallon, pour monter ensuite sur un sentier en zigzag vers les falaises pittoresques du Loechlefelsen. Je passe au-dessus des falaises (640 m) pour redescendre vers la gorge aux loups. C'est une gorge jurassienne sauvage et grandiose, creusée vraisemblablement par l'affaissement d'une partie de la montagne. L'une des nombreuses cavernes de ces rochers, la grotte des Nains, est un lieu de légendes, autrefois habitée par des nains...
Quittant ce lieu impressionnant, je remonte légèrement vers d'autres rochers puis je dévale de la montagne, débouchant en vue de Bouxwiller.
Il est 13h. J'aperçois Viviane qui me rejoint près d'un calvaire, à la lisière de la forêt. Nous nous installons là, sous le couvert d'un bosquet, pour manger dans le Trafic.

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Dimanche 12 mars 1995 : Bouxwiller - Franken.

Depuis Schiltigheim, je pars en Trafic en même temps que Viviane et la fille de collègues, jusqu'à Franken, dans le Sundgau. Puis je monte avec elles en voiture jusqu'à Bouxwiller. Elles repartent alors pour Arinthod (département du Jura) où habite maintenant Viviane.

Il est 10h au calvaire où j'étais arrivé l'an dernier. Je longe d'abord la montagne par un chemin forestier. Je m'en sépare bientôt pour m'éloigner vers le nord le long des prairies dans un chemin creux bordé de haies. Après cette boucle dans les bas plateaux du Jura alsacien, c'est à nouveau vers le Sundgau que le GR se dirige. Je coupe une route, je traverse la propriété d'une maison de repos. Je me retrouve alors sur un plateau à 450 m d'altitude, avec une belle vue sur la vallée de l'Ill : friches, végétation arbustive et forêts de pins. Un pic épeiche tambourine dans les frondaisons ; une sittelle torchepot descend verticalement le long d'un tronc. C'est le printemps !
 Longeant la bordure est du plateau, je descends alors doucement sur Durmenach, village situé au bord de l'Ill. Je le traverse entièrement, franchis la rivière, remonte de l'autre côté de la vallée sur une colline. Après un passage sous couvert, je débouche sur une route agricole au milieu des champs. Je m'arrête sur un terre-plein herbeux pour casser la croûte. Souffrant d'une hernie discale, je ne sais plus quelle position adopter : assis, ça fait mal ; couché, ça ne va pas. Finalement c'est debout que je suis encore le mieux !

Je continue ensuite sur la petite route goudronnée qui descend tout droit à Muespach. Là aussi je traverse le village et remonte sur la colline, toujours dans la direction plein nord. Une petite route à travers la campagne m'amène jusqu'à une ancienne voie romaine que j'emprunte vers l'ouest pendant deux kilomètres. A une intersection, je tourne à droite, longe un pré en lisière et descends doucement rejoindre un ruisseau. Une route me conduit alors jusqu'au village de Franken.
Ces derniers kilomètres sont les plus pénibles. La sciatique due à l'hernie discale me fait boiter. Je double quand même des familles qui se promènent, et j'arrive à 15h, clopin-clopant, à l'entrée du village où je retrouve le Trafic.

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Dimanche 24 septembre 1995 : Franken - Mulhouse.

Le matin, départ avec Viviane, en deux voitures.
Je laisse le Trafic à Mulhouse. Viviane m'emmène à Franken. Puis elle repart à Arinthod.

Dernière journée de marche sur le GR 532.
En provenance de Franken, le rectangle jaune s’élève vers la route départementale Altkirch - Bâle qui surplombe la vallée.
Depuis le carrefour, j'emprunte vers le nord une petite route goudronnée. A hauteur d'un calvaire, je bifurque dans un chemin de campagne qui longe un bois. C'est là que je rencontre pour la dernière fois le GR 531 qui traverse le Sundgau.
Par un chemin entre des haies, les deux GR parviennent à Wahlbach. Ils traversent ce village agricole puis le ruisseau du même nom. Au calvaire, les deux sentiers se séparent.
Le soleil brille, des jeunes filles se promènent dans la campagne...
Le GR 532 progresse à travers les cultures et monte doucement vers une voie romaine, à hauteur d'une ferme isolée. Partout les moissonneuses-batteuses sont en activité dans les champs de maïs. Le GR descend vers un étang, traverse Steinbrunn-le-Haut. Il remonte jusqu'à une altitude de 400 m où il atteint une zone boisée, talus dominant Mulhouse et la plaine d'Alsace.

Après m'être arrêté pour manger sous forêt, je poursuis sur la crête pendant quatre kilomètres. Alternance de bois et de cultures.
Par une route en déblai, je débouche sur la commune de Bruebach. Le village traversé, je continue dans les cultures. J'atteins l'orée d'un bois entrecoupé de clairières. C'est la récolte du maïs. Les moissonneuses-batteuses anéantissent les rangées de céréales et recrachent les grains dans les remorques des tracteurs.
J'arrive à un carrefour de sentiers. J’aborde à présent les forêts péri-urbaines de Mulhouse. Je m'égare d'abord un peu ; mais je retrouve mon chemin, descends par un beau sentier sous les conifères et atteins les premières habitations de l'agglomération, sur les collines dominant la ville. Le GR, mal entretenu, longe une propriété. Je peste contre les ronces et les orties. Encore quelques circonvolutions autour de résidences, puis une petite descente sous forêt.
Je débouche à l'entrée du zoo de Mulhouse, en une fin d'après-midi ensoleillée. Je retrouve le Trafic que nous y avions laissé ce matin. Je poursuis en voiture jusqu'à la gare de Mulhouse où se termine le GR 532, sentier au rectangle jaune.



Fin du GR 532, sentier au rectangle jaune.


GR 533. L'introduction de Jean-Marie Mengin.


GR 533

Traversée des Vosges
par le versant occidental

(Sarrebourg - Belfort)

-255 km-



Le GR 533, sentier au rectangle vert, a été créé en 1981 par le Club Vosgien.
Il existait déjà dans les Vosges trois grands parcours nord-sud : le sentier au rectangle rouge (GR 53 - GR 5), le sentier au rectangle bleu (GR 531) et le sentier au rectangle jaune (GR 532), tous trois situés essentiellement sur le versant est des Vosges. Il n'en existait pas d'équivalent sur le versant ouest. Ce qui fut fait au printemps 1982, lorsque le GR 533 fut achevé.

Le GR 533 parcourt le massif vosgien du nord au sud, de Sarrebourg à Belfort, dans les Vosges moyennes gréseuses et les Hautes Vosges, uniquement sur le versant occidental en Lorraine et Franche-Comté.

J'ai parcouru ce sentier, alternativement avec le GR 532 (rectangle jaune), de décembre 1985 à novembre 1989, en compagnie de Viviane.


https://gr532gr533pns.blogspot.fr


Dimanche 8 décembre 1985 : Sarrebourg - Niderhoff.

Arrivé dans la matinée à Sarrebourg avec Viviane, j’emmène la voiture à Niderhoff et reviens en auto-stop.

Le GR 533 commence à Sarrebourg (département de Moselle), à côté de la gare, sur le pont de la Sarre.
Il est 11h20. Viviane et moi débutons notre randonnée le long de la rive droite de la Sarre, affluent de la Moselle. Cheminant au bord de l'eau, le sentier passe dans des prairies sous des peupliers. Mais il remonte bientôt le long d'un stade, traverse des habitations et grimpe sur une colline au sud de la ville.
Beau point de vue sur le plateau lorrain. Au loin, la chaîne bleue des Vosges.
Pour le moment, nous allons parcourir le plateau lorrain, par les collines du calcaire coquillier.
On descend vers un pont qui enjambe la voie rapide de contournement. On suit une route départementale pendant quelques kilomètres : route toute droite, sans intérêt.
Nous atteignons Hesse, contournons le village et franchissons le canal de la Marne au Rhin. Nous suivons alors un chemin le long d'un petit canal d'alimentation en provenance de la Sarre Rouge. Nous nous arrêtons pour manger, assis sur un talus au bord du canal, sous un ciel sombre. Dans les champs, les corbeaux freux cherchent quelque maigre pitance.

Nous longeons ensuite ce canal que nous quittons pour traverser le village lorrain d'Hermelange. Le GR entre sous bois après un ancien moulin, franchit la Sarre Rouge au cœur d'une zone humide inondable. Il chemine jusqu'à la Sarre Blanche qu'il franchit aussi et débouche brusquement sur la zone industrielle de Lorquin.
On traverse ce bourg dans toute sa longueur. On se dirige vers le sud sur la colline du Haut de Laneuveville. Vue sur le paysage ondulé de Lorraine, recouvert de champs, de parcs à bestiaux et de bois.
On atteint ensuite Laneuveville-lès-Lorquin ; puis on suit le flanc de la colline pour descendre sur Niderhoff, village-rue lorrain situé au pied du massif vosgien.
Jonction avec le GR 5, sentier Mer du Nord - Méditerranée, qui traverse la Lorraine et se dirige lui aussi vers les Vosges.
Nous retrouvons la voiture à 16h30, à la sortie du village, là où je l'avais laissée ce matin.

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Dimanche 26 janvier 1986 : Niderhoff - Saint-Quirin

A 14h, départ de Niderhoff avec Viviane, Caroline (8 ans et demi), Serge et son fils Nicolas.
Nous laissons la voiture à la sortie du village, au hameau de Halmoze, délaissant la route et le GR5.
Il neige. On emprunte le chemin qui pénètre à droite en forêt. On chemine sous les arbres et on rencontre à nouveau le GR 5 avec lequel on va traverser dans la neige le bois de la Neuve-Grange. On découvre des bornes numérotées et gravées qui limitaient le domaine de l'ancien prieuré de Saint-Quirin.
C'est la fin du plateau lorrain. Nous pénétrons dans les Vosges  moyennes mosellanes.
Nous marchons sous les hêtres puis sortons du bois près d'une pépinière. Nous suivons la route départementale, laissons le GR 5 descendre vers le village. Avec le sentier au rectangle vert, nous rejoignons un col-carrefour au-dessus de Saint-Quirin.

Arrivés à cet endroit, nous retournons presque par le même chemin dans la neige, empruntant le GR 5 en totalité jusqu'à Niderhoff. En cours de route, la neige se remet à tomber. Nous montons tous les cinq dans un mirador de chasseurs, dans la forêt, pour nous réchauffer et boire un café. Le réchaud a du mal à s'allumer : le gaz est gelé.
Retour à la voiture à 17h.

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Dimanche 9 mars 1986 : Saint-Quirin - M.F. du Gros Chêne.

A partir de 11h, nous suivons le GR 5 d'Abreschviller à St-Quirin. Puis nous rejoignons le GR 533.

A partir du carrefour, Viviane et moi descendons vers le sud par un chemin de terre. Puis par un joli sentier, nous pénétrons sous une futaie de sapins, typique des Vosges gréseuses. Le sentier passe au pied de belles masses rocheuses. Trois d'entre elles peuvent servir d'abris.
Dans les Vosges gréseuses, les roches primaires forment le soubassement de la montagne. Elles sont recouvertes de bancs de grès qui supportent des plateaux aux corniches élevées et aux rochers capricieux, formant des tables la plupart du temps en poudingue (grès englobant de gros galets de quartz).
Le GR 533 rejoint la route départementale, l'emprunte un moment puis descend vers le ru des Dames. Il passe près d'une maison avec une jolie fontaine, traverse le marécage d'un ruisseau et remonte sur une route forestière. Cette route s'engage dans la basse du Ru des Dames. Le GR la quitte au bout d'un kilomètre pour monter par un sentier jusqu'à la clairière de l'ancienne maison forestière du Gros Chêne.
Lieu bucolique : belle maison isolée avec une fontaine et un beau cerisier. Nous nous reposons un moment  sur les marches de la M.F. avec un agréable soleil réapparu.
Nous sommes sur le « chemin d'Allemagne », ancienne voie romaine qui fut également frontière de 1871 à 1919. C’est aujourd’hui la limite des départements de Moselle et de Meurthe-et-Moselle.

Depuis là, nous retournons par d'autres sentiers à Saint-Quirin. Viviane, fatiguée, m'y attend. Je retourne seul à Abreschviller. J'y retrouve la voiture à 17h30 puis vais rechercher Viviane à St-Quirin.

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Jeudi 8 mai 1986 : M.F. du Gros Chêne - Val-et-Châtillon.

Jour férié.
Nous partons dans la matinée en Meurthe-et-Moselle.
A 10h40, nous marchons au départ de Val-et-Châtillon. Nous rejoignons le GR 533 à la M.F. du Gros Chêne. On mange en cours de route dans la forêt.

Depuis la M.F. du Gros Chêne, nous empruntons vers le sud-est le « chemin d'Allemagne », sur la limite départementale. On y remarque les anciennes bornes-frontières marquées d'un F côté France. Le D (Deutschland) a été effacé après 1919 sur la grande majorité d'entre elles.
Nous sommes à présent  dans ce qui était autrefois l'immense forêt celtique, mystérieuse et sauvage.
Nous contournons le Petit Rougimont, atteignons un col près de la Tête du Mirguet. Ancienne voie ferrée servant au transport des grumes, le chemin se poursuit pendant presque deux kilomètres. Puis le GR  l'abandonne et bifurque pour monter au sommet du Grand Rougimont (621 m), deuxième sommet du département de Meurthe-et-Moselle dans lequel on vient de pénétrer.
Magnifique plate-forme de grès, avec grottes et galeries naturelles. Belle vue circulaire vers la Lorraine, le Donon et Dabo. Nous en profitons pour prendre le soleil sur les hauteurs.
Descente ensuite vers le sud-ouest dans un vallon, jusqu'à l'ancienne M.F. des Grandes Moises.
De là, on suit la route vers l'aval. A hauteur de la croix Obry, on remonte vers le sud jusqu'à une source. On atteint sur une crête la Roche des Druides. On continue vers le nord-ouest, passant près de pierres à cupules et des roches du Géant.
On passe devant la croix de Fer et on arrive à un carrefour, la Croix Collin (437 m), où l'on trouve un abri forestier avec bancs.
Nous descendons alors vers Val-et-Châtillon. Peu avant d'arriver au village, nous passons sous les roches d'Achiffet , imposant groupe de beaux rochers gréseux avec des arcades et des grottes naturelles. Nous débouchons par un escalier de bois sur la route à l'entrée du village, à 17h30.
Val-et-Châtillon est une ancienne cité textile en bordure du plateau lorrain, au pied des Vosges.

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Dimanche 3 août 1986 : Val-et-Châtillon - Celles-sur-Plaine.

Dans la matinée, Viviane et moi partons à Val-et-Châtillon. Je conduis la voiture à Celles-sur-Plaine et reviens en stop pour 11h30. Viviane m'attend, assise dans l'herbe au soleil, en lisant.

Franchissant le ruisseau à l'entrée de Val-et-Châtillon, le sentier au rectangle vert remonte alors la vallée du Val. Dans le talus, à droite, on remarque des excavations qui étaient des dépôts de munitions allemands pendant la guerre de 1914.
On se dirige vers la M.F. de la Soie ; on traverse le vallon et on monte vers Saint-Sauveur (430 m), perché au milieu des prairies. Après la traversée du village, nous nous arrêtons dans un pré pour pique-niquer. Nous recherchons l'ombre, car il commence à faire très chaud.
Après la pause, on gagne les roches du Revers de la Haye. Après quoi, on descend dans la vallée de Bousson. En direction sud, on va maintenant remonter la rive gauche du ruisseau, passer près de ruines de scieries puis suivre la basse de Vala.
Grimpant tout droit dans les sapins et les fougères, le sentier, mal indiqué, atteint une route forestière puis nous mène au col du Haut des Planches (552 m). Point de vue sur la vallée de Celles.
Nous suivons la crête, passons à côté de tombes allemandes puis sous des roches appelées « les Deux Jumelles ». Poursuivant sous forêt, nous croisons quelques promeneurs. Une route ne doit donc pas être très loin ! Nous débouchons en effet rapidement au col de la Chapelotte (440 m), col routier, point de passage entre Badonviller et la vallée de la Plaine menant au Donon.
Cette zone fut le théâtre de violents combats durant la Première Guerre mondiale. De nombreux vestiges parsèment les lieux : abris bétonnés, tranchées. Une petite chapelle au col nous le rappelle.


Nous continuons en face par une petite route forestière. On passe devant
la croix Charpentier puis on emprunte le sentier des roches (grotte des Poilus, roche du Champignon). On retrouve la route, on passe au carrefour de la Vierge Clarisse puis on suit la route départementale menant à Pierre-Percée. Deux kilomètres plus loin, nous quittons l’asphalte pour monter vers les roches Marie Fontaine et le château de Pierre-Percée.
Situé sur une table rocheuse de grès, ce château a appartenu aux comtes de Salm. Construit au XIIe siècle, il fut détruit en 1635-1636. Ses ruines dominent le lac du Vieux-Pré, lac artificiel contenu par un barrage EDF, noyant toute une vallée (270 ha - 50 millions de m³ d'eau).


On descend alors sur Pierre-Percée, petit centre de villégiature touristique. Beaucoup de monde dans les rues, en ce dimanche soir ensoleillé. Fatigués, nous nous arrêtons à une terrasse pour boire un pot. Viviane souffre des pieds, mais il faut repartir.

Nous empruntons une route forestière que nous quittons ensuite pour gagner le hameau de La Ménelle, à l'entrée de Celles, dans la vallée de la Plaine. Nous franchissons la rivière la Plaine, pénétrons dans le département des Vosges en atteignant Celles-sur-Plaine à 19h30, après 24 km de marche.

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